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Conference: La pierre et l’image. Les disciplines en synergie pour mieux dater les édifices du Moyen Âge (XIIe-XVe s.), Université de Lausanne, October 25–27, 2018

irregular-medieval-stone-wallDepuis quelques décennies l’archéométrie et l’archéologie du bâti connaissent un développement conjoint remarquable. Appliquées aux édifices médiévaux, ces disciplines aident de manière substantielle à leur compréhension : si l’étude des élévations permet de restituer la progression, l’économie et l’organisation du chantier, les méthodes de l’archéométrie permettent, lorsque les matériaux chronologiquement significatifs sont conservés, d’obtenir une datation absolue.
Dans les efforts déployés pour la compréhension de l’édifice et l’établissement de datations scientifiquement argumentées, l’apport de l’image tend à être sous-estimé, voire négligé: de nature interprétative, le style et l’iconographie apparaissent parfois comme des indices de moindre valeur objective. Forts de l’idée que les « savoir-faire » et les « vouloir-dire » sont tout autant révélateurs de l’histoire des édifices, nous nous proposons ici de démontrer que sa pleine et juste compréhension ne peut être obtenue que par le croisement des indices, dans une approche multi- et pluri-disciplinaire.
Dans le cadre de ce colloque les différents acteurs de la recherche sur le monument sont appelés à partager leurs expériences, acquises autour d’un ensemble de monuments ou d’un cas particulier dont la complexité rend nécessaire le croisement des regards. L’intervention concertée des historiens de l’art et de l’architecture, archéologues du bâti, épigraphistes, spécialistes des techniques et des matériaux démontrera la nécessité d’une synergie des disciplines pour mieux comprendre les monuments et obtenir des datations fiables, contribuant ainsi au renouvellement de la recherche dans notre domaine.

Université de Lausanne, bâtiment Extranef, salle 125

Jeudi 25 octobre 2018

Introduction

9h00-9h30
Accueil des participants

Président de séances: Mathieu Piavaux

9h30-10h15
Nicolas Reveyron: introduction et historiographie / le cas de Cluny III

10h15-11h00
Jean Wirth : Pour une approche multidisciplinaire du monument

11h00-11h30
Pause café (salle 221)

11h30-12h00
Barbara Franzé : Saint-Gilles-du-Gard

12h00-12h30
Discussion sur les présentations de la matinée

12h30-14h00
Déjeûner

Après-midi

Président de séances: Nicolas Reveyron

14h00-15h00
Lei Huang et Térence Le Deschault de Monredon : Sainte-Foy de Conques

15h00-15h30
Elodie Leschot: la façade sculptée de Charlieu

15h30-16h00
Pause café

16h00-17h30
La cathédrale de Strasbourg (bras sud du transept) et le passage du roman au gothique
Marc C. Schurr et Ilona Dudzinski

17h30-18h30
Discussions sur les présentations de l’après-midi

Vendredi 26 octobre

Matin. Présidence de séances: Marc C. Schurr

09h00-11h00
Pour un croisement des regards. La datation des collégiales du diocèse de Liège (XIIe-XVe s.)
Equipe dirigée par Mathieu Piavaux (Namur)
Antoine Baudry, Frans Doperé, Patrick Hoffsummer, Aline Wilmet

11.00-11h30: Pause café

11h30-13.00
Approches pluridisciplinaires des monastères aquitains
Equipe dirigée par Christian Gensbeitel
Philippe Lanos, Jean-Baptiste Javel

13h00-15h00 Pause de midi
.
Après-midi. Président de séance: Barbara Franzé

15.00-15.30
La tour-porche de Saint-Savin-sur-Gartempe
Laura Acosta Jacob

15.30-17.00
Dal sepolcro alla basilica : culti e monumenti nell’Abruzzo medievale
Equipe dirigée par Gaetano Curzi
Maria Carla Somma, Carlo Tedeschi.

17.00-17.30 Pause café

17.30-18.30
Discussion sur la session de l’après-midi/de la journée

Samedi 27 octobre

9h30-12h00
Table ronde
Avec la participation de Laurence Terrier Aliferis, Jacques Bujard et Michel Fuchs.

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CFP: L’architecture gothique. Entre réception et invention. Impact, continuité et réinterprétation (XIIe – XXe siècle), Centre André Chastel, Paris, 10 March 2018

e4172ce752979324efadeeb13ae35d66-viollet-le-duc-game-propsCall for Papers: L’architecture gothique. Entre réception et invention. Impact, continuité et réinterprétation (XIIe – XXe siècle), Centre André Chastel, Paris, 10 March 2018
Deadline: 15 November 2017
L’une des définitions les plus correctes du terme « gothique » est celle qui interprète ce phénomène architectural non comme l’expression d’une période historique mais comme un système structurel, défini en Ile-de-France à partir du milieu du XIIe siècle. Les connaissances techniques déjà expérimentées à l’époque romane sont alors intégrées dans une relation consciente entre structures portantes et structures portées, en obtenant de nouveaux effets esthétiques et symboliques.

Entre la fin du XIIe et le XIIIe siècle, l’architecture gothique se développe en Europe, particulièrement en Angleterre, Allemagne, Espagne, Italie, Hongrie et Bohème et entre en contact avec les traditions constructives locales, notamment grâce à l’activité des ordres monastiques. La synthèse entre la réception de modèles existants et l’invention de nouvelles expressions artistiques donne naissance à des œuvres neuves créées dans des contextes historiques, géographiques et socio-culturels différents par rapport au contexte français.

En Italie, par exemple, la leçon du gothique français, transmise principalement par les cisterciens, est ensuite assimilée par les ordres mendiants et, en Italie méridionale, par Frédéric II et finalement par les Angevins. Cependant, le gothique italien ne développe pas l’audace structurelle qui fut, en France, à l’origine d’un formidable élan vertical des parois et de l’effet de lux continua. Cette différence est à la fois due à la persistance de techniques constructives traditionnelles dans la filiation de l’architecture paléochrétienne et à l’impossibilité d’appliquer la technique de l’arc-boutant dans une zone fortement sismique.

Au même titre, en France, entre le début du XVe et le milieu du XVIe siècle, l’art gothique flamboyant se mêle à la tradition de la Renaissance importée d’Italie : si l’ossature des églises reste « gothique » même lorsque les formes ornementales assimilent des caractères à l’antique, l’originale rationalité structurelle est en grande partie perdue. La persistance des formes flamboyantes dans l’architecture de la Renaissance française est un phénomène intéressant qui révèle l’importance et l’influence de la tradition gothique.

Plus tardivement et à titre d’exemple, au XIXe siècle le phénomène des revivals historicistes atteste la reprise du langage gothique en Europe. Une telle tendance s’imposa d’abord en Grande-Bretagne puis se diffusa dans d’autres pays européens, parallèlement à l’intense activité de restauration des monuments médiévaux : en France c’est surtout Eugène Viollet-le-Duc qui en souligna la rationalité constructive. Le néogothique, devenu désormais partie intégrante de l’éclectisme historiciste, constitue une source fondamentale pour l’art nouveau jusqu’au début du XXe siècle.

La journée sera par conséquent consacrée à une réflexion sur la réception de l’architecture gothique comme langage flexible, à même de créer de nouvelles formes artistiques : l’objectif est de conduire l’historien de l’art et de l’architecture à enquêter sur la portée et l’influence de ce phénomène dans des contextes différents de celui d’origine. La journée vise ainsi à élargir l’analyse aux questions historiques, politiques, culturelles et urbaines, en fonction des objectifs des commanditaires et en établissant des liens entre aspects structurels, fonctionnels et formels. La journée doctorale sera l’occasion de partager les réflexions méthodologiques, les problématiques et les résultats des recherches en histoire de l’architecture de doctorants et jeunes docteurs de formations et de pays divers.

La série de thématiques suivante est destinée à suggérer des domaines et directions de recherche et n’a que valeur indicative :
– Techniques et matériaux de l’Architecture gothique : innovations structurelles, continuité et rupture avec le passé
– Cathédrale gothique et différentes formes locales en France
– Gothique français et sa diffusion en Europe
– Gothique flamboyant et Renaissance : dialectique entre survivances structurelles et décor « à l’antique »
– Réception du Gothique après le Gothique : survivance et renouveau néogothique
– L’architecture gothique, sa restauration ou sa réutilisation contemporaine
– L’architecture gothique intégrée dans les autres formes de l’art visuels (peinture, gravure, sculpture), sémantique visuelle et revival.

La journée donnera la priorité aux interventions des doctorants et jeunes docteurs. Elle se déroulera le 10 mars 2018 au Centre André Chastel (INHA, 2, rue Vivienne, 75002 Paris).

How to apply:  Les propositions de communication (300 mots maximum), en français ou en anglais, accompagnées d’un bref curriculum vitae (2 pages maximum), sont à envoyer, le 15/11/2017 au plus tard, à Camilla Ceccotti et Emanuele Gallotta aux adresses suivantes :
camilla.ceccotti@uniroma1.it
emanuele.gallotta@uniroma1.it